Aujourd’hui, on va s’attaquer à quelque chose qui est comme qui dirait mon « livre de chevet » audio (cette expression ne veut absolument rien dire et je l’assume complètement) : la saga mp3 Reflets d’Acide.
Reflets d’Acide, c’est avant tout un jeu de rôle inventé par JBX (l’auteur de la saga) et quelques-uns de ses amis. La saga mp3 est venue ensuite, et elle a rencontré de plus en plus de succès.
C’est quoi l’histoire ? Eh bien, « tout commença à Maender-Alkoor. C’est une ville commerciale située sur une île qui est au beau milieu d’un lac qui est au fond d’un immense volcan situé au cœur des Montagnes Noires qui forment la frontière naturelle entre les Terres Chaotiques et l’Empire… » mais on s’éloigne. L’histoire, donc, c’est un mec croisé démon, Wrandrall, qui cherche désespérément des compagnons de route pour sa quête. Il recrute quatre gugusses : Zehirmahnn, un gars rouge qui vient d’une autre planète et qui utilise la magie du feu, Enoriel, un elfe barde pilleur de cadavres, Zarakaï, un nain radin (ce qui constitue en soi un pléonasme) avec un accent béarnais, et Guertrude, une barbare bodybuildée allaitée aux anabolisants. Cette dernière ne reste pas longtemps dans le groupe puisqu’elle meurt… à la fin de l’épisode 1. Elle est réincarnée dans le 2 avec le personnage de Trichelieu, un représentant du cul-te de Traävia – la déesse du foyer – un moine à l’esprit vicié… Et c’est parti pour l’aventure : ils doivent traverser la forêt des éventrés, le fleuve des glaires tièdes, la grotte de l’herpès écorché, la colline des mille gangrènes, le mont Mucus ! Ensuite, l’histoire va prendre un tout autre tournant lorsqu’un super méchant va être libéré et va vouloir détruire Maender-Alkoor.
Bourrée de jeux de mots (les jeux de mots à sous-entendus grivois (et il y en a beaucoup) sont appelés « tricheuliades » en l’honneur de notre père vert préféré) et de références en tout genre, cette saga est à mourir de rire (je suis morte plus d’une fois, mais j’ai la chance d’être une déesse, ça aide pas mal), on se lasse pas de l’écouter et de la réécouter ! Vous riez comme des débiles dans le métro et tout le monde vous regarde de travers, vous souriez bêtement, mais c’est pas grave, parce que RdA (pour les intimes), c’est drôle, c’est culte, et c’est tout ce qui compte.
Mais là où cette saga est vraiment excellente, c’est que l’auteur, au départ, n’avait aucune idée d’où il allait, et donc, au fil des épisodes, il a réussi à tisser une intrigue qui fait se recouper plusieurs histoires, et de petits détails, anodins à première vue, prennent par la suite de l’importance dans la narration. Deuxième truc vraiment excellent : c’est en alexandrin. Eh ouais, ça rigole pas. Même si les premiers épisodes ne le sont pas, on y trouve déjà beaucoup d’assonances et d’allitérations, de mots très proches phonétiquement et de rimes.
Ajoutez à ça un jeu d’acteur à couper le souffle (JBX fait un tas d’intonations de voix différentes, de l’accent béarnais à l’accent russe en passant par un mix des voix de Stéphane Bern et Édouard Baer), des musiques d’arrière-plan adaptées et variées allant du classique à la musique de Star Wars ou de jeux vidéo, des effets sonores comme si on était dans un film, et vous avez quoi ? Ben vous avez RdA, qui dépasse – et de loin, AMHA – les ô combien connus épisodes du Donjon de Naheulbeuk.
Petit bémol cependant : avec la mort violente et sale de Guertrude au premier épisode – la seule femme du groupe − la troupe manque cruellement d’une présence féminine… Il faudra attendre l’entrée en scène à l’épisode 7 (il me semble) de Moumoune, la femme de Roger le tavernier, et plus tard de la dragonne Alia-Aenor pour remplir le quota de femmes dans la saga. Parallèlement le nombre de protagonistes masculins a augmenté, mais deux femmes, c’est déjà mieux qu’aucune.
RdA, c’est la saga écrite, jouée, mise en musique, montée, traficotée et que sais-je encore, par une seule et unique personne : JBX. Autant dire qu’il y a pas mal de boulot derrière ces épisodes qui, pour les plus courts (les premiers), durent une dizaine de minutes et, pour les plus longs (le dernier en date, c’est-à-dire le 14), jusqu’à une heure ! Impressionnant, non ?
Avec ça, il y a de petits bonus, pour Noël ou Pâques, la plupart du temps des chansons : ce sont des airs connus dont les paroles sont changées. Drôlitude variable.
RdA, c’est aussi, bientôt, une BD réalisée par LeFab qui va sortir aux éditions Clair de Lune. Pour ce que j’en ai vu, les dessins ont l’air sympatoche.

Le mot de la fin :

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