Bonjour les gens ! Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour le loooooooong silence radio qui a suivi cet été après l'article de Naëlle. Je pourrais inventer tout un tas de raison, mais je pense qu’aucune ne serait considérée comme valable… Enfin passons.

Ferial nous a pondu un magnifique article sur Docteur House, et je voulais moi aussi faire quelque chose sur un film « hautement intellectuel » que j’apprécie beaucoup. Il s’agit de Kuzco, l’empereur mégalo, paru en mars 2001.

Mars 2001 ? Mais ça fait plus de neuf ans ! Coup de vieux, quand tu nous tiens…

Enfin passons. Donc, Kuzco est un dessin animé qui s’écarte un peu du scénario habituel, avec la traditionnelle histoire d’amour qui fait pleurer les âmes sensibles, et le sérieux du sujet. En effet, en 1998 sort Mulan (avec le sujet de la place de la femme dans un monde d’hommes) et en 1999 Tarzan, qui reprend le mythe de cet humain élevé parmi les gorilles. Là où ces deux volets sont un récit d’aventures basé sur la rencontre de deux individus distincts, et qui finira en histoire d’amûûûûûr, Kuzco est plutôt une rencontre avec soi-même, et la découverte des valeurs indispensables à l’être humain que sont l’amitié et la tolérance (au sens d’acceptation totale de l’autre au cours d’une vie).

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Et avec un cocktail de quatre personnages principaux aussi attachants que rusés, une cascade de situations délirantes et gaguesques plus drôles les unes que les autres, Kuzco est un dessin animé qui met de bonne humeur tout le temps (et qui remonte beaucoup le moral la veille des partiels), et qui pose une question intéressante sur le rôle des autres dans la construction de soi-même. Car un empereur mégalo, méprisant et dédaigneux aura certes ce qu’il désire, mais, la notion de partage étant inexistante chez cet individu, cela n’a plus aucun sens.

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Kuzco – comme vous l’aurez certainement deviné avec mon rabâchage – est donc un empereur mégalo, qui tyrannise ses sujets et sa ville dans le seul but d’avoir ce qu’il désire. Secondé par sa tante, l’affreuse Yzma (« preuve vivante que les dinosaures ont existé »), il dirige son empire (qui rappelle le peuple aztèque, ou maya) comme un enfant capricieux, et décide de faire construire sa résidence secondaire à l’emplacement de la maison de Pacha, brave berger et chef du village, au cœur en or.

Le jour où il renvoie Yzma, d'un geste nonchalant de la main, parce qu'il n'entend pas qu'elle gouverne à sa place, celle-ci voit rouge, et met au jour un plan diabolique, celui de tuer le jeune empereur lors d’un dîner convivial afin de s’emparer du trône qu’elle désire autant que Sauron veut l’Anneau. Mais son minion (ou sbire, c’est comme vous préférez), du nom de Kronk, se trompe dans la potion et voilà notre « terrifiant » empereur changé en un vulgaire lama. Si si, il y a de quoi rire. Et notre cher Kronk (c’est celui que je préfère) nous en rajoute une couche en jetant Kuzco dans la charrette de Pacha, qui doit annoncer à sa femme la douloureuse requête de son « bien-aimé » empereur, à savoir, la destruction de son chez-soi. Vous vous en doutez bien, il va falloir que ces deux « ennemis jurés » se rencontrent, sinon il n’y aurait pas d’histoire. Mais regardez donc le film, je vous promets que vous passerez un bon moment.

Ainsi, les personnages sont attachants, méchamment drôles et surtout très très très imaginatifs. Plusieurs scènes sont à mourir de rire, notamment celle du restaurant, ou lors de la visite d’Yzma chez Pacha, en se faisant passer pour l’une des arrières grand-tantes de celui-ci.

Les personnages sont aussi très caricaturés ; Kronk est le sbire d’Yzma, scout jusqu’au bout des ongles, d’une maladresse assez incroyable, et drôle comme pas permis. À l’inverse, Yzma, qui est censée représenter les arcanes jalouses du pouvoir, est un peu une savante folle et « très très vieille », qui en devient ridicule. Et rien ne saura l’arrêter. Enfin, Pacha est le brave berger du village, qui se contente de ce qu’il a et qui sait apprécier à sa juste valeur chaque instant de la vie passé. Son cœur en or lui permet de voir le monde avec bienveillance, et il dégage une aura telle qu’il parviendra à changer le jeune Kuzco.

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La notion de bien et de mal est elle aussi symboliquement représentée par deux miniatures du Diable et de l’Ange, l’un qui pousse Kronk à commettre le meurtre du lama, l’autre lui proposant la solution de salut et de pardon. Mais le plus marquant dans cette histoire, ce sont les liens d’amitié développés tout au long de leurs péripéties, ainsi ils peuvent se construire ensemble, à l’aide des autres. Et même si au premier plan il s’agit de passer un bon moment en famille, il y a en arrière-plan cette idée que l’être humain (même transformé en lama) ne peut vivre heureux seul dans un monde sans personne pour le contredire, et lui faire ouvrir les yeux quant au fait que les bons moments – et les mauvais – sont faits pour être partagés avec d’autres personnes chères à notre cœur. Mais, encore une fois, il s’agit d’un dessin animé ; et il n’y a aucune scène dite « tragique » dedans, aussi ne pleurez point !

Il y a tout de même un point qui me chiffonne quelque peu dans ce Disney : il n’y a pas de chansons que le héros chante lorsqu’il est dans une impasse. C’est un peu dommage, mais en même temps, je ne vois vraiment pas quelles paroles auraient pu être ajoutées (bon, c’est un point de vue personnel).

Le mot de la fin ? N’hésitez surtout pas à aller le voir, il est très bien =D

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