Si tu tends l’oreille, ou Mimi wo sumaseba, en japonais (je préfère le dire en japonais d’ailleurs, alors habituez-vous à le lire !), c’est un film du studio Ghibli qui a le malheur de ne pas être disponible en DVD en France. C’est d’autant plus malheureux que c’est un très bon film d’animation (mon préféré, en fait). Adapté d’un one shot d’Aoi Hiragi publié en 1990, le film est sorti en 1995 et a été réalisé par Yoshifumi Kondo, qui devait être le successeur de Miyazaki (mais sa mort en 1998 a fait revenir ce dernier au studio).

Shizuku_et_SeijiMimi wo sumaseba, donc, c’est l’histoire d’une jeune demoiselle, Shizuku, qui adore lire et qui cherche sa voie. Qu’est-ce qu’elle veut être quand elle sera grande ? Elle cherche, elle cherche, puis elle décide qu’elle sera écrivaine. Elle se lance alors dans la rédaction d’un roman, rien que ça, au détriment de ses études ! Si elle a voulu savoir, comme ça, d’un coup, ce qu’elle ferait de sa vie, c’est parce qu’elle a fait la connaissance d’un garçon, Seiji, qui a emprunté les mêmes livres qu’elle à la bibliothèque… Et il a un grand-père antiquaire, chez qui elle est tombée en suivant un chat rencontré dans le train. C’est chez le grand-père antiquaire que Shizuku va apprendre que Seiji veut devenir luthier et qu’il fait tout ce qui est possible pour réaliser son rêve. D’où la remise en question de Shizuku, qui vit au jour le jour enfermée dans ses livres. Donc, en même temps que Seiji part en Italie faire un stage pour se tester, Shizuku écrit son roman, inspiré d’une statuette de chat trouvée chez l’antiquaire. Ensuite, je ne vous raconte pas, ce serait vous spoiler honteusement.Le_Baron
Mimi wo sumaseba, c’est un film assez spécial, à mon sens, qui ne se classe pas dans la même veine que les autres films du studio Ghibli. Dans ma classification de ces films, il est placé à égalité avec Le Château ambulant, n°1 de mon hit parade, mais hors compétition (on se croirait au festival de Cannes). C’est une histoire très touchante sur les errements d’une ado qui angoisse un peu sur l’avenir. La musique « Take Me Home Country Road » de John Denver est reprise et adaptée par Shizuku, qui la chante pendant que Seiji joue du violon et que son grand-père arrive avec des amis qui vont se mettre à jouer eux aussi. C’est un des moments-clés du film, très chouette. Pendant des semaines, j’ai pas arrêté de chanter la version japonaise. Enfin bref. Sinon, il y a deux choses qui m’ont étonnée quand j’ai vu ce film pour la première fois : les personnages ont une façon de marcher qui leur est propre, et ils ont fait un effort pour faire concorder le dessin et la prononciation des mots (ça se voit particulièrement au moment où Shizuku chante, justement). À part ça, il ne faut pas chercher d’action dans ce film, c’est clairement pas l’objectif. Et les antis histoire d’amour s’abstenir, parce qu’une grande part du film est consacrée à ça.

Bon pour de vrai, le film est peut-être pas aussi génial que je le dis, en le revoyant je me suis rendu compte à quel point je me reconnais dans Shizuku (au niveau des doutes), donc c’est forcément très très subjectif ce que je raconte, mais objectivement (suffit de regarder les critiques sur le Net) c’est un bon film, et si vous voulez le voir, il est dispo sur Dailymotion (et si je vous file un lien, c’est uniquement parce qu’il est pas dispo en France, évidemment… !).

Le mot de la fin :

Shizuku_et_Moon_bulles

P.S. : Pour comprendre la phrase du chat, il faut avoir vu le film.