Inception est LE buzz de l’été 2010, voilà pourquoi il est nécessaire d’en parler. Pas dans le sens où il a rencontré un grand succès, non, mais parce que ce film mérite vraiment qu’on fasse un article sur lui. L’histoire, les personnages, l’ambiance qu’on y rencontre sont particulièrement prenants et époustouflants.

Je vais vous donner quelques bonnes raisons de voir ce film (j’ai été horrifiée d’apprendre que certaines personnes de mon entourage ne l’avaient pas encore vu ! Argh ! Du coup elles ont raté l’occasion de le voir au cinéma, ce qui est fort dommage, puisque c’est le genre de film qui doit se regarder sur grand écran). Personnellement, je l’ai vu deux fois, une fois en version française et une fois en version originale, et, franchement, elles se valent tout autant l’une que l’autre.
Pour se faire, j’ai besoin de m’immerger dans l’univers, notamment en écoutant la BO, faite par le célèbre Hans Zimmer (compositeur de la musique de Gladiator, Pirates des Caraïbes, et j’en passe) ! Une BO enivrante, à l’image du film. C’est elle qui m’a donné envie de le voir, en fait. Je n’avais pas entendu parler de sa sortie jusqu’à ce que j’écoute quelques morceaux de la BO. Bref, passons.

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L’histoire est difficile à résumer. En gros, nous suivons les pérégrinations de Dominic « Dom » Cobb (interprété par Leonardo DiCaprio) qui dirige une équipe d’extracteurs, des voleurs professionnels qui pénètrent dans le subconscient de leur victime grâce à un appareil (transporté dans une sorte d’attaché-case). Une fois dans le rêve, ils peuvent y voler des informations (c’est ce qu’on appelle de « l’espionnage industriel »), utiles à de puissantes entreprises ou à des gouvernements qui sont souvent les employeurs. Au début, l’équipe de Cobb est composée de Nash (Lukas Haas) et d’Arthur (Joseph Gordon-Levitt, miam miam !). Ils se font avoir par Saito (Ken Watanabe), riche homme d’affaires, qui passe du statut de victime à celui de client. Il connaît visiblement le passé douloureux de Cobb, qui a dû s’exiler loin des États-Unis pour avoir prétendument tué sa femme, Mall (Marion Cotillard). Cobb ne souhaite qu’une chose : revenir près de sa famille, de ses enfants, qui l’attendent dans ce pays qui lui est interdit. Saito profite de ce fait et lui propose de travailler pour lui ; en échange, toutes les erreurs qu’il aurait commises seront effacées, et il pourra retourner aux États-Unis.

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Bon, je ne vais pas tout raconter, parce que ce serait gâcher le bon plaisir de ceux qui ne l’ont pas encore vu. Juste, je précise que Cobb a fini par accepter, évidemment tenté par cette possibilité de rédemption. Saito lui demande alors de pratiquer une « inception », c’est-à-dire d’implanter une idée dans le subconscient du sujet choisi. L’opération n’est pas sans risques et est bien plus complexe qu’on ne le croit au premier abord. L’implantation se fera dans l’esprit du fils (Robert Fischer, interprété par Cillian Murphy) du grand concurrent de Saito, Maurice Fischer, qui est sur le point de passer l’arme à gauche. Pour se faire, Cobb a besoin d’une autre équipe, beaucoup plus complète que la première : son beau-père, Miles (Michael Caine), lui présente donc une jeune étudiante parisienne, Ariane (Ellen Page, et en anglais son prénom est « Ariadne »), qui fera office d’architecte à la place de Nash, jarté entre-temps ; il va ensuite à la rencontre de Yusuf, le chimiste qui fabriquera les sédatifs pour endormir tout ce beau petit monde, puis au passage il prendra Eames, qui sera le faussaire de la bande. Saito voulant participer au projet, il sera considéré comme un touriste.

Petite explication sur le rôle de chacun :
- Dom est un « extracteur » : il vole des informations dans le subconscient même de la victime.
- Arthur est un « organisateur » (« a point-man » en anglais) : il peut faire office de rêveur dans certaines occasions ; sinon il gère l’ensemble du rêve, mais son rôle n’est pas clairement défini.
- Ariane est un « architecte » : elle construit le rêve et fait tout pour qu’il soit le plus vraisemblable possible. Par contre, si elle change trop d’éléments, elle risque d’attirer l’attention sur elle.
- Yusuf est un « chimiste » : il fabrique le sédatif qui sert à endormir les rêveurs et les victimes. C’est un produit essentiel qui doit permettre de garder tout le monde endormi durant un temps précis, qu’il soit long ou court.
- Eames est un « faussaire » : il peut prendre l’apparence de personnes proches de la victime (entre autres, dans leur mission, il a pris celle de Browning, qui est le parrain de Robert Fischer) et ainsi permettre plus facilement « l’extraction » ou « l’inception » d’une idée.
- Saito est un « touriste » : il n’a pas de rôle particulier, il est juste là pour regarder (mais, bien sûr, il mettra la main à la pâte lui aussi).
- Mall est une « ombre » : c’est un souvenir de Cobb. Elle fait tout pour entraver ses missions parce qu’elle l’obsède. C’est comme si l’esprit se retournait contre son propriétaire. Cobb doit l’oublier pour parvenir à se concentrer sur l’essentiel, mais c’est difficile.

L’univers d’Inception est donc très complexe. Il ne suffit pas de le comparer à celui de Matrix ou de je ne sais quoi pour prétendre en saisir les subtilités. Il y a d’autres détails qui sont importants pour sa bonne compréhension.

Les totems : ce sont de petits objets qui peuvent paraître insignifiants. Pour Cobb, il s’agit d’une toupie, qui appartenait à la base à sa femme, Mall ; pour Arthur, c’est un dé rouge ; pour Eames, c’est un jeton de casino ; pour Ariane, c’est une pièce d’échiquier, etc.
À la sortie d’un rêve, on s’assure d’être bien revenu à la réalité en touchant son totem (d’ailleurs, personne d’autre, à part nous-même, ne peut y toucher). Cobb, par exemple, fait tourner sa toupie, et si elle ne s’arrête pas, ça veut dire qu’il est vraiment dans la réalité (petit rappel sur la fin du film qui a laissé de gros doutes dans nos esprits… Hum !).

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Les limbes : pour pratiquer une inception, il faut emboîter plusieurs rêves dans le rêve initial, et, plus on s’enfonce, plus il est difficile de ne pas se faire repérer (quelques chefs d’entreprises ont appris à se protéger des inceptions, sous forme de gardes du corps, comme l’a fait Fischer fils). De plus, il faut une certaine dose de sédatif (mélangé à d’autres) pour parvenir jusqu’au bout. Cela entraîne des complications. Par exemple, si l’on meurt dans le rêve, on ne se réveille plus dans la réalité. On se retrouve dans un espace onirique vide appelé les limbes. Cobb y aurait été.

Pour parvenir à se réveiller – quand on ne se fait pas tirer dessus dans le rêve ! – il faut qu’une personne extérieure envoie une décharge, ou bien pratique une secousse, aux rêveurs. Pour les fans, n’oublions pas la scène culte où Eames donne un coup de pied dans la chaise d’Arthur pour le faire tomber. Le choc de la chute le réveille forcément. Mais il n’y pas que cette technique. On peut aussi provoquer le réveil graduellement, notamment en déclenchant une musique à un moment donné (c’est beaucoup plus doux que de se prendre un pied dans la face !). Il faut toujours recourir à plusieurs techniques de réveil quand on est dans un rêve emboîté. Plus on est loin, plus la décharge sera forte.

Les secousses que peuvent ressentir les rêveurs dans un des rêves emboîtés se répercutent dans les autres. Ainsi, quand Yusuf déclenche la première en faisant tomber le van dans lequel se trouve toute l’équipe endormie, la lenteur du processus créé une sorte d’apesanteur dans le niveau où se trouve Arthur. Comme on dit, il « levitt » !

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Voici les schémas des différentes strates que nos joyeux rêveurs traversent lors de leur mission dans le subconscient de Fischer :

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Complexe, n’est-il pas ?

Bon, je crois avoir dit l’essentiel. Si j’ai oublié quelque chose et qu’un énorme fan passe par là, qu’il me le fasse savoir, mais évitons par contre de balancer des théories sur la fin, vu que cet article est surtout destiné aux non-initiés. Juste, une dernière question…

Pensez-vous vraiment être dans la réalité ?