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         Eh oui, ce blog ne sert pas qu’à vous faire découvrir ce que nous aimons, il sert aussi à vous avertir des dangers de ces films qu’on appelle « navets » (si on veut faire dans le grossier, des « merdes » c’est très bien aussi).

         Je vais vous parler d’un film, pardon, d’un navet qui vient tout juste de sortir : Les voyages de Gulliver, avec le chanteur et acteur Jack Black. Je ne le connais pas trop, mais du peu que j’en savais, je l’estimais plutôt bien ce bonhomme. Il est délirant et multitâche… Enfin, c’est ce que je croyais. Maintenant que j’ai vu la dernière chiasse où il a joué, ma conception du personnage a complètement changé. Laissez-moi vous expliquer (en spoilant un peu, je vous avertis tout de suite) :

         En gros, c’est l’histoire d’un type plutôt banal, Lemuel Gulliver, qui travaille au service du courrier dans une entreprise. Le pauvre garçon, qui a des gros délires avec des figurines de personnages célèbres du cinéma, est bien évidemment amoureux d’une jolie et inaccessible journaliste, Darcy Silverman, qui écrit des articles de voyages. Tournicoti, tournicoton, il en arrive à lui faire croire (parce qu’au départ il avait juste envie de lui proposer de sortir) qu’il est lui-même écrivain reporter et qu’il a voyagé dans des taaaas de pays. Youpi tralala tsointsoin. Ne souhaitant pas faire un reportage dans les Bermudes, la feignasse, euh, Darcy lui demande d’y aller à sa place. Ce qu’il accepte parce qu’en tant qu’homo « virilus », Gulliver veut impressionner la future mère de ses gosses.

         Le voilà donc embarqué dans une affaire qui va finir par le dépasser complètement. Il se retrouve sur un bateau au beau milieu de ce qu’on appelle « le Triangle des Bermudes ». Il s’endort, le couillon, et au réveil, il s’aperçoit qu’une grosse tempête a éclaté. Il se fait aspirer par un immense tourbillon qui s’élève on ne sait comment dans le ciel. Quand il reprend connaissance, oh, Ciel ! que voit-il ? Qu’il s’est fait saucissonner par une bande de lilliputiens costumés à la mode victorienne. Le voilà prisonnier d’un petit peuple furibond qui vit dans le royaume de Lilliput. Bon, je vais m’arrêter là pour le résumé, sinon ça va tout vous gâcher et j’aimerai beaucoup que vous perdiez votre temps à regarder cette daube, parce que je suis sadique, bouhahahaha.

         Ce truc qu’on ose appeler film est censé être une comédie, non ? Bah figurez-vous que j’ai à peine souri deux, voire trois fois durant ce spectacle navrant. Jack Black joue un débile qui n’a pas confiance en lui mais qui ment à tout le monde et se fait passer pour un mec super cool et super fort. Comme la première histoire d’amour (entre Gulliver et Darcy) ne peut pas se développer pendant qu’il se trouve sur ce fichu bout de terre zarbi, une deuxième arrive entre la princesse (incarnée par la jolie, et au nez en trompette, Emilie Blunt) et un roturier nommé Horacio (mais bien sûuuur) qui n’est autre que Jason Segel, Marshall Ericksen dans How I met your mother. Of course, la princesse a déjà un prétendant : l’égocentrique et fourbe Général Edward. Oui, vous avez compris, c’est le méchant de l’histoire. Du coup, la quête d’amour d’Horacio (Caine ? Ah, merde, non c’est pas lui) va être durement réprimée par Edward, de même que monsieur le roi qui ne voit pas d’un très bon œil ce manant courir après sa très chère fille. Gulliver va tenter d’aider Horacio (qui est devenu son ami, vous vous en doutez) à séduire sa belle, lui qui a pourtant été incapable de dire à Darcy « je vous offre un café ? ».

         Le gros souci dans tout ceci (rime !), c’est que c’est bourré de clichés des productions américaines qu’on a l’habitude de voir. La musique est bidon, parce qu’on l’a déjà entendue dans d’autres films ; l’histoire est basée sur un suspens qu’on connaît déjà par cœur, donc on sait à l’avance comment ça va se terminer ; le méchant va voir les autres méchants, un royaume ennemi symbolisé par la couleur rouge, alors que les gentils sont en bleu (bordel, on nous prend pour des nouilles !). La bataille principale, d’ailleurs, me fait étrangement penser à celle qu’on a dans l’autre navet, The Last Air Bender, à la fin, quand les maîtres du feu et les maîtres de l’eau s’affrontent. C’est du mâché et recraché typique. 19185229_fa2_vfLe plus énervant, c’est le jeu peu crédible de Jack Black, qui croit sans doute nous faire rire avec sa tête de cochon (non mais, sérieusement, il a des tout petits yeux et une toute petite bouche, ça fait peur). Il s’efforce d’incarner une sorte de héros, mais ce n’est qu’un héros ridicule qui n’évoluera pas beaucoup.

Je déteste aussi savoir que la grande Catherine Tate (Donna Noble dans Docteur Who) a joué dans un truc pareil. Elle incarnait la reine. Ce rôle ne servait vraiment à rien, je peux vous le dire.

         Le pire, c’est que vers la fin, Darcy pardonne à Gulliver seulement parce qu’il lui avoue qu’il a fait tout ça dans l’intention de la séduire. Mais what the f… ?! Moi je lui aurai foutu une tarte et je serai rentrée illico presto à la maison ! Namého !

         Bref. Pour résumer, cette chose qu’on appelle film est vraiment destinée aux enfants (Gulliver vaLes_Voyages_de_Gulliver_16407 combattre un robot géant, quand même !). Je suis surtout déçue, car, en fait, je m’attendais à ce qu’ils respectent un peu la véritable histoire de Gulliver, qui est vraiment géniale. Finalement, ce n’est qu’une reprise de plus, comme c’est tellement à la mode dans le cinéma Hollywoodien. Je me souviens bien d’un téléfilm qui avait adapté le roman de Jonathan Swift et qui repassait souvent quand j’étais petite à la télé. Là, c’était une bonne adaptation, et y en a eu d’autres. Mais c’est celle-la qui m’a marquée. 

         Tout ce que je peux vous dire afin de clore cet article, c’est que si vous voulez perdre votre temps, ben regardez Les voyages de Gulliver de Rob Letterman. Sinon... FUYEEEZ !